Toulouse, des pierres à l’Histoire

Toulouse est évidemment connue pour ses briques roses et sa place du Capitole, mais quand l’on prend le temps de lever la tête et d’errer dans les petites rues toulousaines, on découvre quelques petites pépites d’architecture et des morceaux d’Histoire, cachés entre les pierres ocres.

Je vous propose, dans cet article, un parcours architectural, au départ de la place du Capitole, dans les rues de la cité rose.

Le Palmier des Jacobins et le cloître

COUVENT DES JACOBINS | TOULOUSE | Site et monument historiques

Première escale de notre voyage, devant ce qui peut s’apparenter à une énième église de style gothique, quand l’on arpente rapidement les rues de la ville rose. Hors, la véritable particularité architecturale de cet édifice se trouve à l’intérieur. En effet, si vous pénétrez à l’intérieur, vous pourrez admirer ce que les Toulousains appellent le « palmier des Jacobins ». Un pilier qui culmine à prêt de 28 mètres de hauteur et qui est entouré de 28 arches, dont la finesse vient trancher avec le caractère imposant de l’extérieur de l’église. Cette construction atypique laisse entrevoir le génie des architectes du Moyen-Âge qui ont imaginé cet arbre de pierre entre 1275 et 1292.

Si vous passez par cet édifice, je vous conseille également de passer voir le cloître de l’église, dont l’entrée est payante mais qui s’avère un véritable havre de paix et un témoin de l’histoire religieuse très riche de la ville, dont les les principaux centres s’organisaient autour de congrégations religieuses, telles que les Augustins ou encore les Carmes.

Petite anecdote sur ce lieu, les reste de Thomas d’Aquin reposent dans la nef de cette église, alors même que ce dernier n’a jamais mis les pieds à Toulouse, de son vivant. La raison ? Simple témoignage des « trafics de reliques », qui avaient cours, au Moyen-Âge. Ne pouvant récupérer les restes de Saint-Dominique, alors même que ce dernier a fondé cette église, ce sont finalement les restes de Saint-Thomas, après moultes péripéties, qui sont envoyés à Toulouse. Le fait de posséder des reliques prestigieuses était en effet un moyen de se garantir la sainteté du lieu, et par là même de faire venir un plus grand nombre de pèlerins qui représentaient une mane financière conséquente.

Collège Pierre de Fermat

Tour vue de la cour intérieure, malheureusement inaccessible au public

Poursuivons, à présent, notre déambulation vers la Garonne. Sur notre chemin, nous passons devant la façade du collège Pierre de Fermat. Bien que l’entrée en soit interdite au public, la simple façade nous faire faire un bon à la Renaissance. En effet, cet hôtel particulier a été construit entre 1503 et 1536 par le marchand et Capitoul (personne en charge de la gestion de la ville) Jean de Bernuy.

Façade duc collège avec ses fenêtres à croisée

Ce prestigieux passé se retrouve dans la physionomie générale de la façade. On peut notamment remarquer les fenêtres à croisée, caractéristiques de cette période.

L’on peut également remarquer les détails ondoyants, qui viennent orner le dessus de la porte et qui sont caractéristiques du style gothique flamboyant.

Place de de la Daurade

Nouveau bond dans le temps, nous voici face à la Garonne devant l’étrange place de la Daurade. Cet espace de verdure en contrebas est, en réalité, un ancien port marchand aménagé au XVIII ème siècle, pour faciliter la déchargement des bateaux, c’est au même moment qu’est conçu le canal de Brienne en contrebas.

Anecdote sur le lieu : la petite buvette que vous pouvez apercevoir sur cette place est en réalité une ancienne morgue, installée en 1858, pour les morts noyés que l’on repêchait dans la Garonne.

Rue Ozenne, vers le jardin royal et le grand rond

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Édifice art nouveau

Avant de flâner dans les allées du jardin royal, nous allons passer dans la rue Ozenne, qui a été ouverte entre 1908 et 1912, où nous pouvons admirer de nombreux édifices remarquables, de part leur physionomie. Je m’arrête quelques instants pour vous faire remarquer, par exemple, l’édifice triangulaire qui se dresse comme un gardien à l’entrée de la rue. Ce bâtiment a vu le jour entre 1906 et 1907, selon les plans de l’architecte Paul Bonamy, dans un style art nouveau.

Tour du 8 de la rue

Un peu plus haut, au 8 de la rue, vous pourrez remarquer une tour du XVIIème carrée, préservée et intégrée dans dans un bâtiment moderne.

Nous voici, à présent, arrivés au jardin royal, pour un peu d’Histoire naturelle. Ce jardin ainsi que le grand rond ont été conçus, dans la 2ème moitié du XVIII ème siècle, en lieu et place d’une butte de terre, initialement adossée aux remparts de la ville, conçus sous François Ier. Cette promenade est imaginée par Louis de Mondran, pour aérer la ville. Mondran envisage un ovale, d’où partent six allées rayonnantes, en s’inspirant de la place en étoile, créée en 1724 en haut des Champs-Élysées, à Paris. Conçu comme un jardin à la française, il est transformé, à la fin du XIX ème siècle, en jardin à l’anglaise.

Musée Labit

Musée Georges-Labit
Photographie de la demeure en 1902

Avant de finir, cette promenade, nous allons faire un détour, en passant devant une singulière demeure qui ne nous transporte, pour une fois, pas dans le temps, mais dans l’espace, avec ses décors aux allures mauresques. Il s’agit de la demeure de Georges Labit, grand voyageur, ethnologue et aventurier. Il imagine dès l’origine cette maison comme un musée destiné à accueillir ses collections, souvenirs de ses voyages. Cette propriété est construite dans un style oriental, par l’architecte Jules Calbairac, en 1893. C’est aujourd’hui un musée dont une grande partie des objets sont issus de ses collections personnelles.

Prison Saint-Michel

Carte postale montrant l’entrée de la prison en 1909

Nous finissons notre tour d’horizon architectural par un dernier édifice un peu particulier, puisque qu’il s’agit d’une prison ! En effet, cette prison est un peu particulière puisque qu’elle se trouve au cœur de la ville, dans le quartier Saint-Michel. Construite en 1868, elle fonctionne jusqu’en 2002.

Plusieurs choses étonnent dans l’allure de ce bâtiment qui de l’extérieur prend des air de petit fort médiéval, avec ses créneaux et ses meurtrières sur le pavillon d’entrée. Si l’on s’élève, vue du ciel, la prison a une forme d’étoile, pour permettre une meilleure surveillance des cellules, depuis la tour centrale. Ce sont les débuts des réflexions sur architecture carcérale.

D’un point de vue historique, cette prison n’est pas en reste. Puisque, durant la Seconde Guerre mondiale, cette dernière est utilisée par les nazis pour emprisonner les résistants et les opposants politiques. Le résistant et chef de la brigade FTP-MOI, Michel Langer est guillotiné dans la cour de la prison, c’est pourquoi la station de métro, en face de l’édifice, porte aujourd’hui son nom.

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